vendredi 6 décembre 2019

Saint-Nicolas, un pont entre les Pays-Bas et les Ardennes

Saint-Nicolas est l'occasion cette année de faire un bilan personnel. 
Saint-Nicolas est très présent aux Pays-Bas, plus important que Noël. Même si Noël prend de l'importance, surtout commerciale... Saint-Nicolas reste essentiel dans la culture néerlandaise, même s'il est remis en question depuis quelques années.
Hier, mon mari et moi nous rappelions les moments fabuleux que nous avons passés avec nos fils. J'en ai parlé longuement en 2013.
Je ne boude pas le plaisir de vous remontrer le quilt que j'avais fait quelques années auparavant. Il est installé dans notre montée d'escalier. Vous pouvez mieux le voir dans l'article de 2013.
Dans les Ardennes, Saint-Nicolas est aussi présent. Beaucoup moins, mais quand même, la tradition perdure.  Notre chocolatier confiseur favori en a préparé beaucoup. Le sucre rouge est aussi une tradition ardennaise. Ma mère en achetait tous les ans pour nos enfants. Je continue cette tradition. Le souci est qu'on en trouve au moment de Saint-Nicolas et qu'à Noël, le sucre est devenu opaque donc moche. La vendeuse m'a dit de le mettre au réfrigérateur. Le voici donc devant mes pots de compote et pas que... Pour le moment, il reste impeccable. Il faudra juste que je pense à le sortir à Noël. Il est dans notre réfrigérateur de réserve qui sera bien utile à Noël donc je ne devrais pas oublier!
J'ai acheté pour mon mari et moi un Saint-Nicolas en chocolat. Chacun le sien!! J'ai déballé le mien et l'ai posé sur le meuble à chaussures dans l'entrée. Il est au milieu de mes maisons hollandaises. Elles restent toute l'année sur ce meuble. Le Saint-Nicolas, ses jours sont comptés!!!

Mon bilan personnel est très positif en ce début décembre. Cela fait maintenant un peu plus d'un an que nous vivons à temps complet dans les Ardennes. Nous avons fait beaucoup de travaux dans la maison. Cette année, surtout des travaux de peinture et nous en sommes heureux. Nous nous sentons bien dans notre maison. Nous en avons pris soin et elle nous le rend bien. L'année prochaine, pause travaux sauf l'indispensable si besoin, bien sûr.
J'ai eu un moment fondamental en août. Nous sommes allés une semaine à Wassenaar pour un stage de Qi Gong. J'ai fait une journée de stage et ai eu beaucoup de temps libre. Nous étions hébergés chez une amie, en face de notre ancienne maison. J'ai revu plusieurs amies, mes copines de patch anglophones. Ca m'a fait un bien énorme. Plus dur a été le retour! Trois jours avec le moral en chute libre! Nous avions eu un déménagement cahotique en mai 2018 puisque mon mari partait quelques jours après pour deux mois et demi. J'ai suivi le flux de la vie, les travaux dans la maison, la vie au jour le jour, agréable. Je crois que dans ma tête, j'ai vraiment déménagé au retour de ce séjour en août. J'ai vraiment pris conscience de cette vie de 31 ans et des amies que j'avais quittées. Le choc a été rude... et salutaire. 

Je pourrais être nostalgique. De 30 an à 61 ans, il s'en est passé des choses dans ma vie néerlandaise! En fait, j'ai une immense gratitude pour toutes ces années, pour tout ce que j'y ai vécu, pour tous ces moments, des plus légers aux plus difficiles. Pour ces moments en famille, avec mes amies... Quand je regarde en arrière, c'est un sourire qui me vient aux lèvres. Et quand je regarde en avant, c'en est un autre. Il y aura là aussi des moments légers, des moments difficiles. Il y aura ma fin de vie. 30 ans en France, 31 ans aux Pays-Bas. Peut-être encore 30 ans dans les Ardennes, qui sait! J'ai mes copines de patch. J'ai la grande chance d'avoir des personnes formidables qui m'aident, m'accompagnent, me soutiennent, me stimulent dans mon cheminement personnel. . Et là, me vient en tête le refrain de la chanson de Souchon "on avance, on avance, on avance".

Merci Saint-Nicolas pour ce bilan :-)

Samedi dernier, j'ai donné son paquet cadeau à ma marchande fromage de chèvre, la pochette bleue. Je pensais que son anniversaire était le 5 ou le 6. Non, c'est le 7 donc elle le déballera demain matin avant de venir au marché. Je pourrai donc vous la montrer et vous dire si elle lui a plu! Yapluka écrire l'article!!!

Donc normalement, à très bientôt.
Prenez bien soin de vous :-))

dimanche 3 novembre 2019

deux pochettes pour la mère et la fille

En juillet, je vous avais montré une première pochette inspirée du BeeBook. En août, j'en ai fait deux, pour la mère et la fille.
Cette pochette "l'indispensable du BeeBook" a un beau succès et est déclinée de multiples façons. Merci Katell de nous l'avoir proposée!

Pour Lou, J'ai fouillé dans ma boite à restes de son quilt. Je vous le remontre, je l'aime vraiment beaucoup! Et elle aussi


J'ai repris le principe que j'avais utilisé en juillet. Deux séries de bandes que j'assemble, puis je coupe
 Je mélange les deux types de bandes et j'ajoute des bandes unies
Je couds à la bonne dimension, j'ai oublié de prendre une photo, je choisis un tissu intérieur, je quilte sur l'endroit, je retourne..., je découvre ma bêtise, je découds, je finis le quilting
Je choisis un autre tissu pour finir le haut, je réfléchis bien pour le mettre dans le bon sens pour qu'on ne voie pas les fleurs la tête en bas
Et bien sûr, je réalise que je me suis trompée!  D'accord, là, on ne le voit pas trop. Je choisis deux boutons de couleurs différentes et je fais des brides. J'aime faire les brides!!!
En jouant avec les deux pochettes, je les ai ouvertes et ai retourné le haut. On peut aussi les utiliser comme pochon. Et oui, les fleurs ont la tête en bas!

Maintenant, la pochette pour Nadia, la maman. Je lui avais fait une pochette origami .
J'ai voulu reprendre le même tissu. Il m'en restait peu. J'ai choisi d'autres tissus qui se mariaient bien ensemble
J'ai coupé le plus grand rectangle que je pouvais et gardé deux bandes pour l'intérieur. J'avais très peu de restes. J'ai réussi à centrer sur deux bouquets de fleurs et j'ai fait deux sortes de crazy que j'ai réunis.
 Quilting simple, joueur!
 Le choix des boutons n'a pas été simple. J'ai fouillé dans mes stocks. J'ai choisi deux fleurs qui ne sont pas du tout faciles quand on veut ouvrir la pochette! Deux brides là aussi. L'une d'elles est à refaire, pas assez serrée. Je m'en suis aperçue une fois que j'avais offert la pochette. Il faudra attendre notre prochaine visite, si je pense à apporter le fil!

 Tissu simple pour l'intérieur avec juste ce qu'il fallait de tissu fleuri pour la bordure.
J'ai optimisé le tissu fleuri!!
  
Les deux pochettes ensemble

Toute fière de moi, je suis allée les montrer à ma marchande de fromage de chèvre préférée sur le marché du samedi matin. Son anniversaire est début décembre et elle aime le bleu... Message reçu! C'est dans un mois, je vais m'y mettre!

Je récupère doucement de mon mois de folie. Je prends conscience à quel point le Projet 70273 prenait mon temps et mon esprit. Je m'en libère doucement mais sûrement. Ma créativité n'est pas encore revenue. Je pense que la pochette bleue va me remettre le pied à l'étrier. Comme j'avais quand même envie de coudre mes tissus, j'ai repris le projet "des rectangles qui finissent en carrés". C'est facile, pas besoin de réfléchir trop et je peux coudre et couper peu de temps ou plus longtemps.

Allez, je vais aller fouiller dans mes boites de bleus!

Prenez bien soin de vous.
A bientôt avec grand plaisir.
 

lundi 28 octobre 2019

Le Projet 70 273, les à côtés de l'expo

Jeanne, Andy et Alison sont restés 8 jours chez nous. Chantal Baquin 1 jour, Tari 4 jours, Deb et Sharon 2 jours, Lucy et Mark 6 jours, ensemble ou les uns après les autres. Ca a fait du monde à la maison et de multiples occasions de bons moments et de tourisme.
Nous sommes d'abord allés chercher Jeanne, Andy et Alison à Roissy.Les voici tous les trois dans le minibus.
Pas de photos avec Chantal Baquin mais un moment savoureux ensemble où nous avons bien ri. Jeanne a l'habitude de chanter une comptine pour ses petits-enfants. Elle se fait filmer avec son téléphone et poste les fims sur un compte youtube privé. Je l'avais filmée dans la boutique de tissus de patchwork à Rochester en janvier 2018. A Charleville, Andy l'a filmée deux fois. Une video pour son petit-fils et une pour sa petite fille. Chacun a sa comptine spécifique. Une video n'ayant pas de son, Jeanne a voulu recommencer et nous a demandé à Chantal et moi de venir à ses côtés. Et nous voilà toutes les trois, en plein Charleville, sous le grand marionnettiste, en train de chanter et de mimer la comptine pour son petit-fils. J'ai adoré ce moment et moi qui suis plutôt coincée pour ce genre de choses, je me suis lâchée. Cette video étant privée, vous ne le verrez pas. Vous auriez bien ri!!!
Après l'inauguration, nous avons emmené toute la troupe au Tchar Scaille. Restaurant bien particulier, dans les hauteurs ardennaises, un patron adorable qui a mis toute sa personnalité dans ce restaurant qui a conquis nos amis. Menu unique, excellent avec des produits de saison, du terroir, simples mais toujours avec une petite touche originale.
Gilles, mon mari, Andy, Tari, Alison, Deb, Sharon, Jeanne
Dimanche matin, petit temps tranquille dans mon atelier. Deb et Sharon nous ont offert à Tari et moi de magnifiques compositions en verre. Jeanne a reçu un plateau en verre avec des croix rouges que j'ai oublié de prendre en photo. Mon cadeau est posé sur mon appui de fenêtre, dans mon atelier. Vous pouvez voir ce que fait Bev sur Instagram : beverlybunnglassart ou sur son site
Puis direction les puces des couturières de Villers-Semeuse. C'est grâce à l'équipe qui organise les puces et le salon patch et broderie une année sur deux que j'ai pu toucher autant de personnes pour ce Projet. Pour cause de travaux, les puces qui ont normalement lieu en mars ont eu lieu le dimanche 13 octobre, ce qui a permis à Jeanne de remercier la présidente de l'association Pic et Peint. Nos porte-monnaies se sont un peu vidés pour le plaisir de tout le monde!  Jeanne a acheté une chemise de nuit brodée et un jupon avec déjà en tête ce qu'elle voulait en faire.
Deb et Sharon sont repartis ensuite vers Rochester.
Lundi, par un temps doux, nous sommes allés jusque Reims. Visite de la cathédrale, bien sûr
vitraux de Marc Chagall


vitraux de Imi Knoebel
en haut, vitraux de Jacques Simon
 vous pouvez en découvrir plus ici
devant la statue de Jeanne d'Arc, en face de la cathédrale
Nous avons retrouvé avec bonheur Mark et Lucy, tout juste arrivés de Rochester, pour visiter les caves Taittinger. Lucy avait organisé l'exposition dans la cathédrale de Rochester en janvier 2018.
Les bouteilles de champagne sont stockées dans des caves creusées à cet effet ,à gauche ou dans des crayères, à droite. Les crayères sont les anciennes mines dont on extrayait les pierres de construction.
Une partie de la production est stockée ici. La plus grande partie est stockée en dehors de Reims.
 

J'ai beaucoup aimé cette affiche, faite pour la coupe du monde féminine de football 2019. 
 Toute visite de cave se termine bien sûr par une dégustation!
Mardi a encore été une journée dense. Tous nos visiteurs ont bien fait travailler les commerçants du centre ville. Lucy tient deux magasins avec ses soeurs dans le centre de Rochester et est sensibilisée à la fragilité des commerces indépendants.
Nous voici chez notre ami Mouss. Il tient une épicerie, légumes, charcuterie, fromages et plein de bonnes choses et a un coeur énorme et le sens de l'accueil. Qui vient chez nous fait forcément connaissance avec Mouss. Je vous raconterai plus tard qui est le monsieur en blanc et dans quoi il m'a involontairement entraînée.
L'après-midi, visite de la basilique de Mézières aux vitraux splendides. Grâce à la rédaction de cet article, je découvre un site de passionné. Vous verrez tous les vitraux, réalisés par René Dürrbach, artiste ardennais  ici 
J'ai laissé mes invités y aller seuls. Pendant ce temps-là, des amies d'enfance me donnaient un fauteuil qui dormait dans le grenier chez leurs parents maintenant décédés. Je me souviens avoir toujours adoré ce fauteuil.
Puis nous sommes allés voir ma mère. Nous étions déjà allées la voir mais n'avions pas pris de photo avec Jeanne. Elles sont toutes les deux devant le quilt que j'ai fait pour atténuer la souffrance de ma mère. Elle a eu son premier enfant mort-né et donc non enregistré sur le livret de famille. Jeanne a fait beaucoup de bien à Maman. Depuis, elle retravaille son anglais toute seule. A 89 ans, elle a une mémoire phénoménale et une curiosité énorme. Elle vient de trouver sur internet son prochain lave-vaisselle, le sien ayant rendu l'âme.
Dernière soirée à 7. Les trois gourmandes croquent un chocolat à la violette en pensant très fort à Katell.
Jeanne a tenu à prendre une photo devant mon quilt "sur la route de Rocroi" qui est dans le BeeBook. Je lui en ai offert un exemplaire avec grand plaisir.
Transition en douceur. Mark et Lucy sont restés encore trois jours après le départ de Jeanne, Andy et Alison qui de porte à porte ont fait un voyage de retour de 25 heures. Nous étions partis tôt de Charleville, donc arrivés tôt à Roissy, retard de plus de trois heures au décollage... Heureusement, Jeanne était portée par tous ses souvenirs. Ils étaient arrivés avec des valises vides et sont repartis avec 4 valises pleines de quilts français et anglais. Il en reste encore dans mon grenier... Et j'ai encore des blocs à assembler. J'ai tout rangé et je n'y touche plus avant janvier. J'ai besoin d'une pause!
Quand nous étions allés chez Mark et Lucy en août, nous avions bien senti que les hommes s'entendaient bien. Ca s'est confirmé et nous avons passé d'excellents moments de rires et de discussions profondes. Ils reviendront et nous retournerons à Rochester.
En attendant, soirée dégustation et choix de vins rouges à remporter.
Nous les avons bien sûr emmenés au Tchar Scaille.
Fin de cette période incroyable! 
Des souvenirs plein la tête et plein le coeur!
Je tiens à dire ici un énorme merci à mon mari, surnommé "the clown" par Jeanne et la troupe.. Il a assuré l'intendance d'une main de maître et a bien contribué à la bonne ambiance tout au long de ces môments incroyables . Chauffeur, cuisinier, clown, photographe... Merci mon doudou❤️

Maintenant, repos. Bien sûr, une envie de replonger dans mes tissus et de vous montrer quelques projets finis, petits et grands.

En attendant, prenez soin de vous. Bel automne!

A bientôt avec grand plaisir.

jeudi 24 octobre 2019

Le Projet 70 273, l'expo dans les Ardennes

Ca y est, l'exposition est terminée! Deux semaines intenses. En fait, je ne sais pas trop comment vous raconter. Je vais faire deux articles, un sur le Projet et un sur les à côtés.
Trois moments essentiels, la visite à l'Albatros, la conférence et l'exposition.
Rappel : si vous cliquez sur les photos, vous les verrez en plus grand. Si vous cliquez sur les mots en couleur (pas les rouge pétant) , ils vous emmèneront vers d'autres sites.

Deux photos racontent mieux que les mots cette visite à l'Albatros, centre occupationnel pour adultes handicapés. La photo de groupe avec les résidents si heureux et fiers de montrer les quilts faits avec leurs croix. Et la photo des animatrices. Jeanne a reçu un accueil fantastique, très chaleureux et est repartie avec un tas de petits cadeaux faits par les résidents. Un cousin dont le fils est à l'Albatros m'a écrit qu'il lui avait raconté  qu'il avait collé des croix rouges sur un drap et qu'une dame qui le connaissait était venue. Il était heureux d'aller à la Baraudelle le lundi suivant voir l'exposition. J'étais émue en lisant son courriel.

La conférence à l'IRTS à Reims était passionnante. Mme Maryvonne Lyazid nous a parlé de ce qui s'était passé en France pendant la deuxième guerre mondiale. 45 000 personnes sont mortes de faim dans les hôpitaux psychiatriques. Une plaque a été posée le 10 décembre 2016 sur le parvis des droits de l'homme au Trocadero pour leur rendre hommage. Pour lire l'article très intéressant de franceinfo, cliquez là. 
Puis le film" La faim des fous" a été diffusé. Vous pouvez voir la bande annonce  ici ou là .
Film passionnant, très touchant, très instructif. Il a reçu le prix du documentaire au Festival Entr'2 Marches à Cannes en 2019. Il sortira en DVD l'année prochaine.Il a été réalisé par Franck Seuret, journaliste spécialisé dans le handicap, grâce à un financement participatif.
Jeanne a ensuite fait sa conférence. Plusieurs quilts avaient été disposés dans la salle.
L'assistance était composée d'étudiants de l'IRTS (Institut Régional du Travail Social), de personnes ayant travaillé dans le monde du handicap ou ayant une personne souffrant de handicap dans leur famille, de copines marnaises de France Patchwork, de résidents du foyer La Baraudelle. Deb et Sharon, tout justes arrivées de Rochester en Angleterre nous attendaient, sagement assises au premier rang. Les retrouvailles ont été un petit moment de folie!
Michelle a fait un résumé de la conférence de Jeanne sur son blog petitsbonheursaujourlejour.

L'inauguration de l'exposition a eu lieu le lendemain, samedi 12 octobre. J'ai fait une video mais elle est trop longue, Blogger n'en veut pas. Voici donc les photos de l'exposition. Les quilts étaient exposés dans une des salles de vie et dans un couloir qui mène à différentes salles d'activité. Elle était donc au coeur du Foyer La Baraudelle qui accueille 48 adultes en temps plein et 10 personnes en accueil de jour, adultes en situation de handicaps moteur et cérébral plus ou moins importants. 
Je vous laisse d'abord découvrir l'exposition dans un moment calme. Notre grande chance est que de très gros travaux sont prévus, nous pouvions donc faire des trous dans les murs pour accrocher les quilts. Sandrine Beauvois et Patrick ont fait des merveilles dans la préparation de l'exposition!  
55 quilts exposés dont 29 faits essentiellement par des Ardennais et des Marnaises. Les autres quilts venaient du Sud-Ouest, de l'Aquitaine, de Belgique, Angleterre, Allemagne, Israël.












Trois grandes satisfactions pour moi.
❤️La joie de plusieurs résidents de partager cet évènement. Je suis obligée de flouter leur visage mais croyez-moi, ils étaient heureux. 

La raison de cette exposition a bien sûr été sujet à discussions, inquiétudes, questionnements. "Et si j'avais vécu à cette époque-là, j'aurais pû être exterminé!" L'équipe a dû faire un gros travail d'explication, en apaiser plusieurs.
J'étais venue plusieurs fois pour expliquer le Projet, chercher les croix, discuter de l'organisation. J'ai assuré plusieurs permanences pendant l'exposition. J'ai pu nouer une relation avec plusieurs résidents. Quand je suis revenue chercher les quilts, nous étions heureux de nous retrouver. Y compris un monsieur sourd avec qui je n'avais eu aucun échange probant qui m'a fait un grand sourire et un grand coucou de la main! J'étais très heureuse, vous vous en doutez.
❤️ Le plaisir de voir des personnes qui avaient fait des ❌❌ , des quilts, du quilting. Plusieurs m'ont dit avoir été touchées, secouées, émues de voir tous ces quilts ensemble. Elles avaient été toutes remuées quand elles faisaient leurs croix. Là, elles ont plus pris conscience de la masse de ces personnes exterminées et du pouvoir de tous ces quilts réunis. Et pourtant, il y avait "seulement" 6000 paires de croix moins de 1/10 ème du total. Merci à vous, les copines d'être venues! Jeanne a été très heureuse de vous rencontrer!

❤️Comme dans toute inauguration, il y a des officiels.
De gauche à droite, Mr Christian Minet, Président de l'AAIMCNE, association dont fait partie la Baraudelle, Mme Anne Dumay, vice-présidente du Conseil départemental, Jeanne Hewell-Chambers, fondatrice du Projet 70273, Mme Chantal Henriet adjointe au maire d'Attigny, Andy Chambers, mari de Jeanne, moi, Mr Cyrille Lefeuvre, sous-préfet de Vouziers et Mme Latu, directrice de La Baraudelle. Mme Latu m'a proposé d'exposer à La Baraudelle. Elle a cherché ce qui s'était passé en France et a contacté Mme Lyazid.
Trois de ces personnes n'avaient jamais entendu parler de l'Aktion T4, ni des 45000 français morts de faim dans les hôpitaux psychiatriques en France. Avant leurs discours elles ont eu le temps de prendre connaissance de ces faits, de voir les quilts. Toutes ces personnes ont fait un discours plein d'humanité, sans langue de bois, vrai. C'est ma troisième grande satisfaction.

Mr Christian Minet avait fait la veille déjà un très beau discours. Il est profondément investi dans le monde du handicap. Je vous copie ce qu'il nous a lu. C'est la conclusion du livre "l'homme cet inconnu" écrit en 1935 par le Docteur Alexis Carel (1873-1944) Prix Nobel de Médecine en 1912.
 « Il y a encore le problème non résolu de la foule immense des déficients et des criminels. Ceux-ci chargent d’un poids énorme la population restée saine. Le coût des prisons et des asiles d’aliénés, de la protection de la population contre les bandits et les fous, est, comme nous le savons, devenu gigantesque. Un effort naïf est fait par les nations civilisées pour la conservation d’êtres inutiles et nuisibles. Les anormaux empêchent le développement des normaux. Il est nécessaire de regarder ce problème en face. Pourquoi la société ne disposerait-elle pas des criminels et des aliénés d’une manière plus économique ? Elle ne peut pas continuer à prétendre à discerner les responsables des non-responsables, punir les coupables, épargner ceux qui commettent des crimes dont ils sont moralement innocents. Elle n’est pas capable de juger les hommes. Mais elle doit se protéger contre les éléments qui sont dangereux pour elle. Comment peut-elle faire ? Certainement pas en bâtissant des prisons plus grandes et plus confortables. De même que la santé ne sera pas améliorée par des hôpitaux plus grands et plus scientifiques. Nous ne ferons disparaître la folie et le crime que par une meilleure connaissance de l’homme, par l’eugénisme, par des changements profonds de l’éducation et des conditions sociales. Mais, en attendant, nous devons nous occuper des criminels de façon effective. Peut-être faudrait-il supprimer les prisons. Elles pourraient être remplacées par des institutions beaucoup plus petites et moins coûteuses. Le conditionnement des criminels les moins dangereux par le fouet, ou par quelque autre moyen plus scientifique, suivi d’un court séjour à l’hôpital, suffirait probablement à assurer l’ordre. Quant aux autres, ceux qui ont tué, qui ont volé à main armée, qui ont enlevé des enfants, qui ont dépouillé les pauvres, qui ont gravement trompé la confiance du public, un établissement euthanasique, pourvu de gaz approprié permettrait d’en disposer de manière de façon humaine et économique. Le même traitement ne serait-il pas applicable aux fous qui ont commis des actes criminels ? Il ne faut pas hésiter à ordonner la société moderne par rapport à l’individu sain. Les systèmes philosophiques et les préjugés sentimentaux doivent disparaître devant cette nécessité. Après tout, c’est le développement de la personnalité humaine qui est le but suprême de la civilisation. »
Oui, c'était un médecin français, Prix Nobel, qui écrivait cela en 1935.

Pour ne pas terminer sur cette note épouvantable, voici deux photos. 
Jeanne et moi sommes devant la spirale faite par Katell Renon. Katell était à Toulouse pour présenter son BeeBook à un salon. Je tenais à cette photo. C'est grâceà Katell (certains jours il m'est arrivé de penser "à cause de" 😉)  que j'ai connu le Projet 70 273, qu'a démarré notre amitié, que j'ai vécu des moments incroyables tant dans ce Projet qu'en dehors. Jeanne et moi ne pouvions que lui faire un coucou.
Un lien fort s'est créé entre Jeanne et Réjane. Jeanne a eu une parenthèse rien que pour elle quand nous sommes allées dans la boutique de Réjane. Le reste de l'histoire leur appartient et je leur laisse ce précieux cadeau à elles seules.
Mais juste avant le prise cette photo, elles m'ont fait un énorme cadeau. C'était au tout début de l'exposition. Il y avait peu de monde. J'ai eu un énorme coup de stress, j'ai été envahie par le doute. Nous avons fait un énorme hug devant ce quilt que Réjane a fait en l'honneur de sa soeur Marylène. Leur soutien, leur bienveillance, oserais-je dire leur amour m'a permis de leur dire tous mes doutes et de pleurer librement. Merci de tout coeur à elles deux. J'ai pu savourer cet après-midi incroyable.
Une anecdote aussi : en discutant avec Mr Minet et Mme Dumay des pays qui restreignent l'accès aux soins, je parle des Pays-Bas qui ont une politique très différente de la France. Mme Dumay me dit avoir elle aussi vécu aux Pays-Bas, son père travaillant à l'Esa (comme Gilles), elle ayant fait ses études au Lycée Français (comme nos fils) habitant Oegstgeest (comme nous quand nous sommes arrivés). Elle a quitté les Pays-Bas un an avant que nous arrivions, nous avions entendu parler de sa famille et je pense même savoir dans quelle maison ils vivaient, maison où des amis étaient quand nous sommes arrivés.  J'ai ri quand elle a parlé de la firme dont les bus emmenaient nos enfants à l'école. C'est un nom mythique dans toutes les familles ! On ne disait pas un bus, on disait un "beuk", le nom de la firme! Nous avons évoqué les profs de l'époque. Le monde est décidément tout petit. Me voilà avec un autre bon souvenir lié à cette exposition. Incroyable!!!

Ma mère vient de me dire qu'une cousine l'a appellée. Elle et son mari sont venus à la conférence et voir l'exposition. Mon mari rentre d'une marche et une personne qui est venue voir l'expo lui en a parlé. Toutes ces personnes ont été touchées, ont appris. But atteint!

Jeanne m'a redit lors d'un échange de messages que c'était le première exposition qui avait lieu dans un centre qui accueillait des personnes en situation de handicap. Elle va essayer de trouver d'autres lieux similaires aux Etats-Unis.

Prenez bien soin de vous.
A très bientôt.
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